
Présentation par Olivier ANNAT et Gilles FISCHER.
Ce sont deux des 17
bénévoles de la prison de Villefranche – hommes ou quelques femmes – de
l’association nationale de visiteurs de personnes sous main de justice
(incarcérées ou libérées sous contrôle judiciaire), qui assurent 2/3 des visites à 1 ou 2 – 2h30 par semaine.
Ces bénévoles
doivent être majeurs, avoir moins de 75 ans et avoir un casier judiciaire
vierge.
L’association a
été créée en 1932 et est reconnue en 1951 d’utilité publique.
Elle a signé en
1995 une convention avec le ministère de la Justice qui la reconnaît comme
partie prenante de la mission de l’Administration Pénitentiaire.
En 2002, elle a
été agréée en tant qu’association nationale de jeunesse et d’éducation
populaire.
La vocation de
l’ANVP est de créer du lien social pour que des personnes dont la liberté est
contrainte par des mesures de justice se sentent mieux intégrées dans une
société, qui souvent les rejette. Il s’agit ainsi de favoriser leur réinsertion
et de lutter contre la récidive.
Cette aide
morale s’adresse aux personnes sous main de justice qui le souhaitent (demande
par écrit, évaluation de sa pertinence).
Elle prend la
forme de visites pendant leur détention, ou d’un accompagnement « hors les
murs » pour ceux qui ne sont pas ou plus incarcérés.
Olivier ANNAT et
Gilles FISCHER nous décrivent les conditions de vie à la prison de Villefranche,
qui n’a pas une très bonne réputation contrairement à celle plus petite et
récente de Roanne.

800 hommes (pas
de femmes) incarcérés pour 620 places. On ajoute un matelas dans les cellules
de 9 m2 équipées d’un téléviseur et d’un téléphone fixe avec des accès
téléphoniques limités. Ils mangent en cellule.
Certains ne
sortent pas en « promenade » dans la cour pour éviter des agressions.
Drogues et
téléphones sont courants malgré des fouilles non systématiques pour éviter des
rébellions.
Cette
surpopulation est encore plus importante en région parisienne et dans le
sud-ouest. Les gardiens
manquent.
Plus de 80 %
sont en attente de jugement. Certains sont
récidivistes.
Environ 70 %
sont de maghrébins avec des difficultés de langage.
Certains
travaillent à la restauration, à l’entretien ou à l’atelier de réalisation de
petits objets.
Le prêt de
livres via la médiathèque de Villefranche manque d’efficacité.
Les visiteurs ne
connaissent rien des délits des prisonniers que ce qu’ils veulent bien décrire.
Les prisonniers
volontaires peuvent interrompre eux-mêmes les visites qui ne se cumulent pas
avec les visites familiales.
Les visites se
font dans des salles de 5 m2 souvent sans fenêtre, où ils rencontrent leurs
avocats.
L’ANVP recrute.
https://www.anvp.org/
Merci aux deux intervenants pour cette présentation très intéressante.